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 ILLUSOIRE | beldam

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campbell's soup cans
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MessageSujet: ILLUSOIRE | beldam   Jeu 5 Juil - 17:45


illusoire.
Bronx. Envahis les cœurs. Enrichis l'esprit. Possède les corps. Nourris les affamés. Libertins en cavale, taches d'encre gâchant la poétique. Face cachée d'une reine du bal qui ressort lorsque celle ci s'isole, s'attache. Étoiles filantes, écrasées sur le sol d'une étincelle difficile à atteindre. Bronx, misère mais aucune miséricorde, fraternité sans réelle franchise. Bronx, on le respire, cet air pollué, addictogene, familier, irremplaçable.  Doux paradoxe, coincé entre brutalité et caresses mélancoliques. Poudres circulant à foison et argent sale, sourires enfantins et je t'aime à répétition. Tendre mutation, tiraillé entre deux générations, pauvreté et modestie.

Pas rapide sur les pavés. Illusions sous le coude, boite soigneusement emballée comme pour offrir le plus beau des cadeaux. Fatigue mentale, peur d'une solitude sans nom qui tiraillerait les corps, éclaterait le crâne, le noierait sous les larmes. Louie. Pas rapide au milieu de cette foule enivrée. Air froid glaçant ses poumons consumés sans modération. Beldam. Ami pour un soir, deux s'il le souhaite. Ami passager ou ami de longue date. Louie ne compte plus, ni les jours, ni les visites, ni ces nombreuses fois où la solitude n'avait pas envahis ses veines. Louie s'enfonce de lui même, se plaît dans ce qu'il hais. Alors Louie veut plonger avec d'autres. Egoiste qui offre. Offre cette douce illusion, ticket vers ce monde illusoire qu'il aimait tant.

Toc, toc, toc.

Une porte qui s'ouvre, un paquet tendu comme un automatisme, un sourire presque honnête au coin des lèvres.


- Voilà la came.

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ALICE l BERTO l LOUIE l COLE & ADAM


MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Ven 13 Juil - 10:58

J'aime pas rester la nuit chez moi
J'aime pas rester la nuit chez moi
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Mais la came, mon petit, quand on est débutant, c'est mieux à domicile - quand on peut se le permettre. Plus sûr.
Moi je sors de 19 à 6h et à 6h30 c'est le début du travail jusqu'à 13 et après je dors jusqu'à 18h30 et c'est reparti mais là être à l'appartement à 23 c'est une insulte
Je tourne en rond. C'aurait été trop beau que Louie soit là à l'heure qu'on avait convenue non évidemment trop facile Louie tranquille prend pour l'instant deux tranquilles heures de retard en plus de ça
Je viens de passer deux heures à tourner en rond
Je ne sais pas comment m'occuper autrement qu'en travaillant ou en sortant mais ce n'est pas l'horaire du travail et je ne peux pas sortir
C'est la taule sans le repas tout préparé à heures fixes
J'essaye de mettre de la musique, ça glisse sur moi mon corps enfant capricieux fait semblant qu'il n'a aucun sens du rythme et m'empêcher de danser. Je regarde mes oeuvres en cours elles sont toutes à chier aucune inspiration n'en irradie (demain à 6h30 je les trouverai superbes je sais mais ce n'est pas la question).
La suite logique de cette histoire, c'est que quand finalement des coups retentissent à la porte, je suis en train de briser des vinyles, moitié avec un marteau moitié à la main, et j'ai éparpillé des bouts un peu partout sur le sol de l'appartement. Les pieds nus, je joue au fakir de pacotille (du genre le mec qui essaierait de faire un numéro pour le grand public en marchant sur des Legos).
J'ouvre torse nu-pieds nus et c'est sûr que c'est pas impressionnant, un mec qui a tapissé le sol de son appartement avec des bouts de vinyles qui saigne même pas des pieds parce que c'est de la matière trop faible pour faire mal. Juste j'ai l'air taré ou défoncé avant l'heure. Peu importe je crois pas que Louie soit du type à juger.


C'est sympa Louie merci mais t'es pas obligé de la présenter elle d'abord c'est toi que je veux voir à la base.

Notre lien n'est pas clair depuis le début. J'y connais tellement rien que pour moi on est potes avec l'un qui initie l'autre à la came mais j'ai quand même le doute de me dire que peut être le mec est juste dealos et essaye de faire de moi un de ses clients depuis le début et comprend pas pourquoi le gros débile que je suis pige pas.
Je me tourne, je prends un balai vieux comme le monde sur la machine à laver toute neuve que j'ai enfin réussi à m'acheter (les laveries c'est ma phobie je pouvais plus y aller) à gauche de la porte et je cède le passage à Louie en lui fabriquant une voie royale à travers le studio en balayant les bouts de vinyle de mon expérience ratée.


Tu veux un truc à boire ?

J'envoie valser le balai à travers la piaule sans aucun ménagement. Le ménage c'est déjà assez chiant on ne va pas en plus traiter les outils qui servent à l'accomplir avec soin - c'est d'une rigueur implacable.
Le reste des bouts de vinyles étalés sur le canapé je les balaye de la main m'y assoit pieds sous les fesses attend de voir ce que l'autre a bien pu ramener.

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MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Ven 13 Juil - 23:13


illusoire.
Les pas qui le dirigent vers le centre de la pièce, les yeux fatigués parcourant le désastre ayant eu lieu dans ce studio. Louie n'y prête pas attention, Louie est concentré sur tout autre chose, sur cette boite qu'il n'ose poser sur la table, qu'il préfère garder contre lui, comme par peur qu'on le lui dérobe. Il sourit aux mots de Beldam. Quelques ondes positives lui traversent l'esprit, lui réchauffent futilement le coeur. Sentimental peu assumé, sensibilité bien trop débordante, cachée derrière ce visage abimé, ce rictus discret qui dévoilait au grand jour un peu de joie.


- Beldam, sentimenal, et non merci, ça ira.


Il dégage du pieds les restes de vinyles fracassés sur le sol, ils lui rappelaient un peu lui, sa vie, ses relations, avec les autres, avec lui même, mais Louie aimait. Louie admirait, silencieusement, ces oeuvres timidement exposées, ces actes irréfléchis et peu banals qui le possédaient, Beldam, cet âme sortie de nulle part, particulièrement intéressante.

Il s'assoit sur le canapé, déballe son cadeau d'anniversaire devant un regard impatient. Pupilles dilatées face à ce qu'il se dressait devant lui, douce gourmandise, envie malsaine, pêché mignon mortel. Une boite qui s'ouvre, qui ne réserve plus aucune surprise, qui est bien trop habituelle, le bout de la seringue reflétant timidement la lumière.


- Ça, c'est pour moi.


Louie a bien trop de mal à partager sa bien aimée, à la voir injectée dans des veines inconnues, à la voir parcourir des corps anonymes, les laissant sombrer sous ses yeux ravageurs. A la place, une poudre blanche étalée sur la table, séparée en quelques lignées, quelques traces qui feront sombrer un autre, de la plus belle des manières.


- Et ça, c'est pour toi.

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MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Dim 15 Juil - 18:41

Ça, précisément ça, peut être que c'est précisément ça qui me fascine.
Le truc qui brille dans les yeux de Louie. Cette espèce de lueur hallucinante que je n'ai vue dans aucune autre situation. J'ai vu l'amour, j'ai vu la haine, j'ai vu tout un tas d'émotions fortes circuler dans les yeux des gens mais ça là cette étincelle terne là jamais vue - elle me fascine. Je pourrais la boire toute la journée.
Je fais une collection de regards. Je les grave dans mon cerveau je les analyse je les rentre en données dans mon esprit et parfois la journée devant mon miroir j'essaye de les reproduire. Mimiques d'humains. Mimiques d'humain sur un visage, le mien, qui n'a jamais ressenti d'émotions de ce type. Trop froid, Beldam, t'es trop froid, Beldam, trop trop froid trop pourquoi tu sortirais pas un peu de toi même pourquoi vous protégez vous en permanence - je fais rien de spécial messieurs dames c'est comme ça que mon être semble fonctionner depuis le début pour l'instant. Devant le miroir la dernière fois (la première fois) après que Louie soit parti après notre rendez vous avec sa plus fidèle des petites copines j'ai tenté de reproduire sa lueur. A m'en faire surgir une veine sur le front. Suspense puis spoiler : je ne suis arrivé à rien. Tout au plus à un visage de bouffon sur le point de se faire sortir les yeux de leurs orbites à force de faire n'importe quoi. Alors revoir ce regard dans les yeux de Louie, je n'attendais que ça. Je suis pas que sentimental quand je dis que c'est lui que je veux voir à la base. Je suis aussi complètement intéressé - juste pas par ce qu'il s'imagine.
Je le regarde déballer sa came mon oeil vacillant attentivement entre ses gestes de camé, cette chorégraphie précise de l'expert qui forme presque une danse, et cette lueur qui doit paraître terrifiante à tant d'autres. Y'en avait là où j'ai grandi des camés mais ils avaient déjà dépassé la ligne y'avait plus rien à faire briller dans leurs yeux devenus presque opaques à force d'être allés voir de l'autre côté. Je me dis qu'un jour faudra arrêter Louie pour qu'il garde cette lueur avide du trip, presque une lueur de première fois sempiternelle. C'est pas imputrescible, je sais. C'est précieux.


Moi c'est ça que je trouve sentimental. La manière dont tu partages ça. Comme quand on était gamins.

D'aucuns pourraient trouver ça étrange de rapprocher un partage d'héroïne avec un truc d'enfance, mais moi je pense aux rituels de gosses que j'ai pu vivre. "Ca, c'est pour toi" : je tends un couteau à mon pote. "Ca, c'est pour moi" : je prends un couteau moi même. On fait une entaille dans nos doigts on se les frotte et voilà on est frères de sang. Jamais entendu cette formulation de phrases ailleurs que dans ce contexte.
Un jour faudra quand même qu'il me fasse goûter sa petite préférée, celle qui le fait partir dans un univers parallèle. Que je vois ce que ça peut faire. Qu'on partage encore un peu plus. C'est quand même plus attirant l'idée de se mettre un objet piquant dans les veines que de snifer un truc qui pique le nez. Non ? Si.
A tout hasard et pour que ça serve quand même à quelque chose au final j'arrache une étiquette de vinyle qui dépasse. REVOLVER - THE BEATLES : y'a vraiment qu'un connard comme moi pour casser un vinyle qui vient de sortir, vinyle d'un album vraiment super en plus. Sorry scarabées, au moins je vais faire usage concret de votre oeuvre et pas juste la briser.
Alors je roule maladroitement, comme Louie m'a montré la dernière fois, l'étiquette en forme de paille. C'est plus facile qu'avec un papier lambda, cette forme ronde est vachement plus ergonomique.
C'est marrant cette configuration qui fait que je suis obligé de me mettre à genoux dans les bouts de vinyles pour prendre la came. Cette position de prière que je n'ai connue que sacrée dans mon enfance bien religieuse à l'église réutilisée de cette manière ne pourrait pas me faire plus plaisir. Je manque d'éparpiller la came en riant au dessus, reprends mon sérieux et prend une première ligne histoire de pas trop passer pour un bouffon non plus. Je me racle la gorge nez en l'air. Cette espèce d'odeur d'arrière boutique de garage qui se colle direct au cerveau est bonne. Démoniaque. Le moment de recueillement évanoui, je me tourne vers Louie. Je le regarde effectuer son rituel à lui, cuillère briquet seringue évacuation de la bulle d'air enfoncement dans la veine appui de piston gorge qui se contracte se décontracte la lueur qui atteint son apogée.


Il se passe quoi dans toi Louie quand tu fais ça ?

Je pose la question. Je pose la question parce que je meurs d'envie de savoir. Je pose la question parce que je sais que dans quelques instants la montée de coke va sacrément me donner la bougeotte, des envies de type briser d'autres vinyles ou alors casser en morceaux encore plus petits ceux déjà pétés, faire un shampoing à Louie, gueuler des trucs par la fenêtre, etc. Je pose la question parce que je sais que dans quelques instants je serai pas en mesure d'en recevoir la réponse.

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MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Lun 16 Juil - 12:01


illusoire.
Ça boue dans la cuillère, ça sert un peu trop son bras, ça fait mal quand il enfonce cette aiguille dans cette veine bien trop utilisée, quand il se rend compte qu'il va falloir augmenter les doses pour retrouver cette saveur d'antan. Soulagement quand elle prends pleinement possession de son corps, effacement de la douleur, éradication des maux de têtes, des mots dans sa tête, voix qui hurlent à le rendre fou, fou au point d'appuyer toujours plus sur le piston, pour ne pas manquer une goutte, fou au point d'être prêt à en reprendre toujours plus, jusqu'à en crever. Veuve noire faisant arrêter les cœurs de ceux ayant déjà rejoint les étoiles. Ange déchu, donnant des ailes mais arrachant le ciel. Louie, toxico flirtant avec la mort, malade amoureux de cette faucheuse aux yeux doux, aux bras chaleureux, aux caresses rassurantes, cruellement rassurantes, manipulatrices.


- J'ai plu mal.


Les seuls mots qu'il pouvait formuler clairement avant qu'elle ne l'embarque à nouveau. Réponse vague, réponse vaste, réponse qui devait en décevoir plus d'un. Corps qui s'échoue sur le canapé, qui essaie tant bien que mal de se mettre dans une position normale, conventionnelle, contrastant avec cette trop grande marginalité. Louie, être embrumé, affamé, désespéré, trop malheureux, cherchant le bonheur dans l'illicite, le toxique, le chimique, le trouvant dans le fait de ne plus rien ressentir d'autre que cette euphorie passagère, presque abstraite, entre béatitude et néant sentimental. Louie, ayant déjà remonté la pente bon nombre de fois, ayant chuté dans ce gouffre bien plus encore.


- ça cri plu dans ma tête.
 

Murmure presque inaudible, mots mâchés, bafoués, marmonnés, pour un être pouvant faire l'impasse sur ses remords, regrets, tourments, persécutions, pour quelques heures. Louie sourit, lentement, trop lentement. Louie s'évade, s'envole à s'en bruler les ailes, asphyxié, mort dans un corps encore un peu vivant.
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MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Lun 16 Juil - 20:06

Je regarde Louie sombrer. Je regarde Louie sombrer.
C'est hallucinant ce que ce truc fait à un homme. C'est un autre corps qui est posé avec moi sur le canapé, ses membres deviennent chiffon ses yeux se révulsent presque il y a un lâcher prise que je n'ai jamais vu autre part ailleurs que dans la mort. C'est dingue ce que l'addiction passe au dessus de la prudence. Je veux dire : faut avoir une confiance infinie en quelqu'un pour se mettre dans des états pareils dans son appartement, seul à seul. Ou alors, être inconscient de manque. Il est clair et net qu'à l'heure actuelle ou dans quelques secondes je pourrais lui faire n'importe quoi il pourrait à peine réagir. Cette sensation de pouvoir monte dans mon cerveau en même temps que la poudre blanche, un lâcher de grand huit après la lente ascension vers la pente.
Pourtant il parle encore et c'est comme si un mec caché dans le rembourrage du canapé faisait de la ventriloquie. Tellement étrange, ce corps inanimé dont les lèvres pourtant remuent, dont la voix sort quand même encore. Et qui par un miracle étrange ne raconte pas n'importe quoi même s'il le raconte n'importe comment.


Qu'est-ce qui te fait plus mal ?

Je connais pas ce type. Je le connais très mal. Je sais juste qu'il fait partie des rares personnes qui m'ont paru sympathique dès le premier abord. C'est pas lourd : ça pourrait vouloir dire tout et rien. Non on n'a pas eu de discussions à coeur ouvert sur le sens de la vie. Il pourrait avoir un cancer en phase terminale que j'en saurais rien. On partage comme on peut selon les gens avec qui on est : nous on partage sa came. C'est déjà énorme, je mesure à quel point c'est un cadeau ce qu'il me fait quand je le vois manipuler sa came comme si c'était un nouveau né espéré et attendu depuis des années. C'est un cadeau tordu mais je crois que c'est le plus beau cadeau qu'il sache faire.

Ça crie quoi normalement dans ta tête ?

Je suis prêt à prendre un papier et un stylo et à noter tout de mon orthographe dégueulasse et brisée. Je suis prêt à lui capturer ça quand qu'il s'en rende compte quitte à ce qu'il m'en veuille plus tard s'il le découvre. C'est pas un abus de pouvoir, oh non, non non non, c'est de l'exploration. C'est des mots que j'emprisonne pour moi et personne d'autre. Des mots que je répéterai peut être devant le miroir en essayant de retrouver la lueur de Louie dans mes yeux. J'ai tout feuilleté : les bouquins de savants fous ou non qui ont essayé de capturer l'âme humaine par les mots, la photo, l'analyse. J'ai tout feuilleté. Ça ne suffit pas à ma soif de capturer l'essence de cet animal étrange que je suis moi même.
Ça ne rate pas : la bougeotte me prend. D'abord par mon talon droit qui commence à battre un rythme imaginaire sur le sol. Puis ma mâchoire qui se contracte sans raison apparente à intervalles réguliers. On a peut être pas choisi la bonne temporalité pour nos trips respectifs : l'un qui se fait partir dans des limbes molles, l'autre dans le gouffre de l'hyperactivité.


Je vais mettre de la musique, Louie, ok ? Panique pas. Et réponds moi.

Trop mignon je suis trop mignon d'avoir des envies comme ça : espèce de gros con tu viens de fracasser toutes tes sources de musique à terre. L'album de Joan Baez que tu voulais écouter y'en a un bout qui trône là sur le haut du canapé ah non autant pour moi il vient de lentement glisser sur l'épaule de Louie.
C'est d'un frustrant inacceptable. C'est dingue ce que cette drogue augmente l'impatience. J'ai la sensation que je ne pourrais souffrir aucun délai sur rien. Sur la musique qui ne peut pas venir, sur Louie qui tarde à me répondre, sur TOUT sans exception. Je trépigne et de mon talon droit ça passe à ma cheville droite et bientôt à tout mon corps. Quand mes yeux tombent sur le poste de radio que j'ai épargné par chance un soulagement semblable à nul autre me prend. Je me précipite dessus comme un affamé sur un rôti et j'allume. Peu importe quoi, quand, comment, du moment que ça fasse du bruit. Au passage je chope une feuille et je me rassois. J'attends ses réponses.
Je regarde. Je regarde Louie. Je regarde Louie sombrer.

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MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Mar 17 Juil - 23:36


illusoire.
C'est plus comme avant, c'est différent, similaire, c'est autre, semblable. C'est comme un ménage, la flamme des premières fois, la routine des jours suivants. Délicieuse routine, différente d'autrefois, pourtant étroitement liée. Toujours aussi bon, plaisant, savoureux, toujours ce boom dans le cœur, cette montée plus qu'orgasmique, meilleure encore que ces accords entre deux corps, mélanges charnels contre solitude spirituel, débauche lubrique contre dépravation morale. Soif d'une béatitude, envie d'aller encore plus haut, grammes qui se rajoutent, doses qui augmentent, encore et toujours. Le regard qui se pose sur la table, sur cette poudre marron qu'il aimerait injecter une nouvelle fois. Puis une silhouette qui se pose devant lui, lui gâche la vue sur sa merveille, lui parle.

- des trucs, insupportables.
 

Il est là. Allongé sur ce canapé trop peu rembourré, à regarder Beldam tourner en rond. Louie avait voulu lui donner un truc fait pour lui, personnage particulier aux allures de mauvaise blague, individu atypique bien trop différent du cadavre qu'il était. Louie aime la divergence, tout ceux qui ne lui ressemblent pas, qui le fuient, le trainent dans la boue, lui crachent à la gueule. Il s'y reconnait, reconnait leur haine envers lui, la partage, la consomme à grande dose. Cocaïne, exaltation, excitation, exultation, exagération, les sens en alerte, le monde qui devient plus petit, qui se met à genoux. Deux camés dans deux univers différents, deux êtres qui se fracassent la gueule en même temps, mais pas de la même manière. Une main qui attrape le bout du tshirt, le tire légèrement avant de pointer du doigt la seringue sur la table, lui demandant secrètement son accord, pour aller plus loin, comptant sur ses mains pour faire le travail, sur son peu d'expertise pour y arriver tout de même.

- j'en veux encore.
 

Idée foireuse qui lui passe par la tête, trop de choses à évacuer, dont son plus gros élément perturbateur : Allen à la fabrique. S'il devrait crever ce soir, Louie s'en ficherait, s'il pouvait perdre conscience, au moins un moment, Louie le ferait, s'il prenait une autre dose, Louie en mourrait.

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MessageSujet: Re: ILLUSOIRE | beldam   Mer 29 Aoû - 21:31

Se faire tirer par le tee shirt et rentrer soudainement dans un autre monde. Comme si une porte sur laquelle je pesais de mon poids y avait soudainement cédé. Passer le mur du son. Phénomène d'aspiration formidable. Je ne résiste pas - je tombe pratiquement sur Louie. Louie et son désir sale qui vibre à travers tout son être son corps n'étant plus capable que de trembler pour la poudre brune, que de trembler sans être capable de se soulever vers elle. Ma feuille de papier, le bois de la table, toutes ces choses concrètes sont un poison, tous ces objets ne sont que du vent face aux réalités humaines. La réalité du regard de Louie qui frôle l'hystérie, sensible comme les ailes d'un papillon.
J'ai beau être un débutant newbie ignare total de la came je sais que c'est une mauvaise idée de l'aider à obtenir ce qu'il veut obtenir. Ces choses là se prennent petit à petit, on attend la descente avant de pouvoir remonter. Mais je ne suis pas homme à refuser à un autre ce qu'il désire, à lui rappeler la morale, à lui rappeler le bon sens. La morale et le bon sens sont comme ma feuille de papier et le bois de la table. Risible. Des mots qui, si on les répète plusieurs fois d'affilé, cessent de ressembler à des mots. Déboucher la vue d'entre Louie et sa précieuse, attraper la cuillère entre mes doigts qui me semblent trop gros, trop cornés pour effectuer une tâche aussi délicate; oublier que des tâches autrement plus délicates ils en effectuent chaque jour puisqu'ils sont artistes. Artistes, voilà : la came est un art. J'hallucine d'avoir mis autant de temps à le comprendre.

Verser la poudre - peu de poudre, quand même, suis pas amoureux de la mort au point de vouloir l'inviter dans mon salon. Allumer la flamme et attendre. Ce moment de l'attente je voudrais qu'il dure trois jours. Qu'il dure trois jours pour que je puisse continuer à regarder ce sur quoi j'ai vissé mon regard au moment de déclencher la roulette du briquet : les yeux de Louie qui fixent l'intérieur de la cuillère comme si j'étais en train d'y faire apparaître dieu le père.
Ca ne peut pas durer trois jours. Il y a un truc qui brûle. Ca me dévaste un peu de l'intérieur. Comme si cette substance marron qui commence à faire des bulles c'était la putréfaction de mes propres organes. Je me résous. Je prends l'aiguille. Que le spectacle (re)commence.
Il est pas exclu que je me rentre l'aiguille dans à peu près tous les droits étant donné mon manque d'adresse avec ce nouvel outil. Tirer, donner des petits coups, appuyer un peu, la vie repose sur rien. Caler la seringue entre mes dents comme si j'avais toujours fait ça. Garoter Louie et me perdre un instant dans la contemplation de ses veines, de comment ça le fait ressortir - nous ne sommes guère plus qu'un tuyau d'arrosage. Je voudrais qu'il m'aide à piquer parce que je ne sais pas piquer mais j'ai l'impression d'être l'infirmier d'un cadavre il n'y a que moi pour lui faire ses soins. Que moi. Et mes mains qui secouent au rythme de la coke dans mon corps. Cette sensation de pouvoir me remonte le long de la nuque. Moi aussi, j'en veux encore. Moi aussi, j'en veux encore. Je dois laisser passer l'autre avant moi. Pas l'habitude. J'attrape son bras et je cale mes bras sur les coudes pour qu'ils aient un appui solide. Je frotte du pouce comme j'ai vu des infirmières le faire. Je la vois tout d'un coup, je ne vois plus qu'elle, la veine sublime qui enfle et s'impose sur toutes les autres. Celle là ce n'est même plus un vaisseau c'est la manifestation la plus pure de la vie humaine que j'ai jamais vu de ma vie. C'est le sursaut du monde. Je ne me pose plus la question de comment faire, obnubilé par cette manifestation superbe. Il faut que moi j'aie le pouvoir de planter cette vie. Il faut que j'aie le pouvoir de planter la vie. Alors j'enfonce puis j'appuie et ce n'est pas moi qui prend le shoot mais c'est tout comme.

Si je pouvais encore appuyer sur le piston je le ferai s'il n'y avait pas de bout de fin mais il y a un bout une fin. C'est presque comme après le coït. Mon corps se relâche presque totalement sur le sol.


C'est quoi, ces trucs, Louie ?

S'il veut un shoot en échange de chaque réponse oh je serais capable de le faire tellement capable. Je suis le terrain vague des causes perdues elles errent là peuvent errer là jusqu'à la fin des temps (jusqu'à la fin de moi). Je fais tourner la seringue usagée entre mes doigts. Depuis le moment où j'en ai rentré le bout dans Louie j'ai cette nouvelle obsession irrépressible. Je veux peindre avec, sculpter avec, je veux m'approprier l'outil.
Mais plus tard ça c'est pour plus tard pour 6h30 du matin ça plus tard. Je glisse la seringue sur la table et au passage glisse la paille entre mes doigts. Me relève juste assez pour pouvoir prendre une deuxième ligne. Je retrouve ma position par terre. Meilleur point de vue sur Louie qui part à nouveau, qui part sur un départ, deuxième coup de feu qui retentit dans son corps et moi qui attend de voir si son corps à la stature suffisante pour survivre aux deux.

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